Le Maire de beausoleil arrêté
Le maire de Beausoleil, un
patron du BTP et des truands arrêtés hier
:
De Menton à
Beausoleil en passant par Roquebrune ou encore La Turbie, une cinquantaine
d'enquêteurs niçois et marseillais de la police judiciaire et des groupes
d'intervention régionaux étaient mobilisés dès 6 heures du matin, hier, pour
procéder à un incroyable coup de filet.
L'élu, le
patron et le mafioso
Au terme
d'une opération minutée, une quinzaine de personnes ont été interpellées, et
pour la plupart conduites à la caserne Auvare. De quoi provoquer un véritable
séisme, notamment à Beausoleil, où le maire divers droite, Gérard Spinelli a
été cueilli au saut du lit. Sans menottes, mais néanmoins immédiatement placé
en garde à vue, le premier magistrat de la ville a été « escorté » jusqu'à la
mairie pour assister à la perquisition de son bureau, ainsi que des services de
l'urbanisme.
Un peu plus
tôt dans la matinée, alors que le jour ne s'était pas encore levé sur le Cap
Martin, c'est dans la sublime propriété de la famille Grundig que le gros des
forces de police était passé à l'action : la cible était, cette fois, un autre
notable de la région. L'un des plus gros entrepreneurs de BTP, Lino Alberti, 64
ans, tout comme à La Turbie, son directeur général, Maxime Cassan et son
épouse, étaient à leur tour arrêtés. Sans ménagement encore.
Logés en
fait à la même enseigne que les voyous. À quelques pas de là, en effet, c'est
dans le petit appartement d'un ressortissant italien, qu'une autre équipe du
GIR intervenait, toujours à la même heure. Équipés de gilets pare-balles cette
fois, et accompagnés d'un chien antidrogue, les policiers refermaient leur
piège sur Giovanni Tagliamento.
Plus rien à
voir avec les notables de l'est des Alpes-Maritimes. Ancienne figure de la
camorra napolitaine, Tagliamento alias « petite araignée » a déjà défrayé la
chronique judiciaire. C'était à la fin des années 80, dans l'affaire du casino
de Menton (voir par ailleurs). Et ce n'est pas tout. Certes, loin de la
Côte, mais dans le cadre de la même instruction judiciaire ouverte en juin 2009
par le juge Duchaine à Marseille, c'est une figure emblématique du milieu qui
est également tombé dans les mailles de ce vaste filet. Roger Mouret, fiché au
grand banditisme malgré un casier judiciaire presque vierge, est considéré
comme une figure de premier plan du gang des « Italo-Grenoblois », réputé proche
de Michel Luisi qui tomba sous les balles de tueurs à gages devant l'Iguane
Café sur le port de Nice (voir par ailleurs).
Une question
de « porosité » ?
Drôle de
mélange des genres. Quels liens occultes peuvent bien unir un élu, un grand
patron, et deux présumés « affranchis » ?
Gérard
Spinelli, par la voix de son avocat hurlait à « la cabale politique ».
Me Gérard Baudoux, conseil de Lino Alberti, faisait remarquer qu'il était «
bien tôt pour tirer la moindre conclusion. »
La question
ne trouvait d'ailleurs guère plus de réponse du côté du Parquet de Marseille.
Rien de bien précis ne filtrait quant au fond du dossier, sauf que ce
gigantesque dispositif policier aurait été motivé par des suspicions de délits
financiers.
L'information
judiciaire concernerait tout à la fois des faits présumés de « corruption », «
d'abus de biens sociaux » et « de blanchiment ».
Mais nul
n'entendait le confirmer. Le secret le plus absolu était hier gardé sur les
raisons de séisme juridico-politique.
« S'il
fallait penser à un substantif pour ce dossier, ce serait « porosité », se contentait, hier, de déclarer
mystérieusement le procureur adjoint, Michel Raffin.
Reste que
l'affaire n'en est qu'à ses prémices. Elle pourrait connaître d'autres
rebondissements dans les prochains jours.
Dossier
réalisé par Guillaume Bertolino, Didier Chalumeau, Éric Galliano et
Jean-François Roubaud.
Reportage
photos de Patrice Lapoirie, Olivier Poisson, Serge Haouzi et Cyril Dodergny.
Nice-Matin


Commentaires
le 25-11-2009 à 17:07:11
site/blog
25-11-2009 à 12:00:07