debat public Menton

Intercommunalité : le maire monte au front pour défendre la fusion


Il l'avait promis ! Débat il y aurait, débat il y a eu. Un peu tard pour certains, trop élitiste pour d'autres. Quoi qu'il en soit, le député-maire, Jean-Claude Guibal avait des arguments pour répondre à ceux qui avaient pris place au palais de l'Europe, vendredi soir, pour débattre de la fusion de la Communauté d'agglomération avec la Communauté urbaine Nice Côte d'Azur, sur fond de création d'une grande métropole.


 200 personnes avaient pris place au palais de l'Europe.  :  Photo Olivier Ogéron 200 personnes avaient pris place au palais de l'Europe. : Photo Olivier Ogéron

Des arguments qui auront convaincu certains, et d'autres moins. Il faut dire que les personnes présentes n'étaient que rarement des citoyens lambda. Les différents groupes d'opposition, du Front de gauche à des oppositions plus « locales » de droite, s'étaient mobilisés.

Ce qu'avait d'ailleurs prévu le parlementaire qui a répondu patiemment, trois heures durant, aux questions, parfois orientées, de ces derniers. Non sans regretter la présence en plus grand nombre d'une population moins politisée : « Nous avons fait paraître plusieurs communiqués et fait un maximum de publicité pour cette réunion. C'est dommage. »

Une Carf trop limitée ?

Avant de débattre, Jean-Claude Guibal a bien évidemment longuement expliqué sa position et celle de son conseil municipal. Appuyant particulièrement sur les capacités, à son sens très restreintes, de la Communauté d'agglomération de la Riviéra française à assumer les enjeux de demain : « Après avoir mis en place de nombreux services, nous n'aurions pu faire face aux investissements qu'il est important de réaliser. »

Vint ensuite une démonstration par les chiffres : le premier magistrat a comparé les principaux coûts qui intéressent les Mentonnais. La taxe professionnelle, les transports, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, l'assainissement et même le prix de l'eau ont été évoqués (Nous reviendrons plus en détail dans une prochaine édition sur cette comparaison).

Le référendum en questions

Jean-Claude Guibal n'a pas manqué non plus d'évoquer l'identité mentonnaise qu'il ne voit pas en danger malgré ces bouleversements institutionnels.

Présentation vidéo projetée à l'appui, il a conclu son propos avec un commentaire sur les différentes compétences qui seront transférées.

Premier à prendre la parole dans le public, Jean-Michel Cucinelli, ancien conseiller municipal PCF, regrettait que les « citoyens soient laissés en dehors du débat » . Il se demandait en outre si les programmes présentés par les candidats, désormais élus, aux dernières municipales seraient respectés alors que la fusion n'était alors nullement évoquée. Il s'inquiétait aussi de l'endettement par habitant de la communauté urbaine, beaucoup plus important, et du risque d'éloignement des centres décisionnels. Le député-maire répondait point par point. Une véritable opposition d'idées, d'idéologies même selon les intervenants, débutait alors. Et si des désaccords persistaient, le débat avançait.

Le ton montait d'un cran lorsque le principe du référendum communal était évoqué. Un référendum que ne veut pas organiser le maire. En conscience, il estime que les élus ont été... élus pour prendre ce genre de décisions. Et que chacun d'entre eux a participé à des dizaines d'heures de réunion pour comprendre les tenants et les aboutissants de la fusion. Et faire un choix. Ce qui n'est, à son avis, pas possible pour l'ensemble de la population.

Des arguments réfutés par une partie de la salle : « Vous pensez que la population n'est pas capable de se faire une idée ? », pouvait-on entendre.

Charly Julien, élu municipal du groupe PS, insistait d'ailleurs sur ce thème.

La réunion se terminait et beaucoup campaient sur leurs positions.

De cet exercice risqué, mais au final bien maîtrisé, Jean-Claude Guibal aura tiré de son côté un dernier argument à faire valoir au moment de proposer de ratifier la fusion à son conseil municipal. Celui de n'avoir pas refusé le débat public.

Olivier Poisson
Nice-Matin


09-11-2009 | 129 vues

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Commentaires


adic
site/blog
15-11-2009 à 11:03:19
C'est exact, on nous a parlé très longtemps de la particularité de l'est Mentonnais. Aujourd'hui en France on sacrifie notre identité sur le modèle de pays comme l' Allemagne ou il y a peu de communes. Ceci ne nous correspond pas forcement. Arrêtons de vouloir copier d'autres modèles et vivons pleinement notre façon de vivre et surtout notre façon d'être. Le Français a toujours souhaité vivre une certaine proximité avec leurs Élus.A quand la disparition de nos petites communes qui font le charme de notre pays?
olive
site/blog
13-11-2009 à 10:29:18
les maires de la carf semble s'être dotés d'anémomètre,afin d'y détecter les vents favorable,aussi la langue de bois est toujours d'actualité,aucun argument convaincant face aux déluges de questions sans intérêt !!??
quant à l'identité mentonnaise,elle n'est plus d'actualité,c'est l'identité national qui prime !!!
vous aurez compris l'ironie !! tout ceci est inutile,tout le monde s'en fou surtout nos élus,rdv aux
urnes pour les régional
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